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Notre critique de Antigone

AntigoneRebelle, incomprise, l’Antigone d’Anouilh est une flamme universelle, un vibrant symbole de la fougue de la jeunesse qui entre en conflit avec le monde adulte.
Depuis 1942, on pourrait s’attendre à ce que pas mal de choses ont changé, hélas non.

Sur le Sweet Dreams de Marylin Manson, une série de photos de presse viennent s’imprimer sur l’écran scénique (montage vidéo d’Allan Beurms).
Tiananmen, les Indignés, les réfugiés politiques… des révoltés de tout bord ressurgissent pour nous rappeler que le combat pour la liberté de croire et d’espérer c’est toujours aujourd’hui et maintenant.
Pour son adaptation au Théâtre des Galeries, le metteur en scène Fabrice Gardin a choisi de se positionner dans une modernité presque anticipative.
La scénographie résolument moderne de Ronald Beurms nous transporte dans un univers doré, glacé, aseptisé.
Le Chœur (Benoît Verhaert) est un photographe de presse, un de ces montreurs d’images-chocs dont on sait qu’elles ne montrent jamais qu’un fragment de vérité, qu’un instantané d’une situation bien plus complexe et douloureuse.
Les gardes (Toni d’Antonio, Kevin Ecobecq et Gilles Poncelet) ont des tenues à mi-chemin entre les gladiateurs et Stargate, une caméra fixée à l’épaule).
Sorte de mise en place, la première partie permet de découvrir Antigone, femme et enfant, fragile et faible.
En confiant ce rôle à Wendy Piette, Fabrice Gardin ne s’est pas trompé.
On savoure les inflexions enfantines de l’Antigone câlinée par Nounou (Louise Rocco), on retrouve les élans et les gaucheries de l’adolescente tout en appréciant l’intransigeance et les peurs de l’adulte.
Dans son tête-à-tête avec Créon (superbe Bernard Sens), Antigone refuse les compromis, elle veut respecter son idéal, ses choix, sa vérité. 
Usé par l’âge et les réalités de l’existence, ce dernier a appris à tempérer, à ménager la chèvre et le chou, à agir pour le bien du plus grand nombre au mépris de quelques dommages collatéraux mineurs.
Il tente de convaincre la jeune fille du bien-fondé de cette théorie, de cette pratique, de cette réalité qui fait qu’on se sait manger une omelette sans avoir cassé d’œufs au préalable.
Antigone
Les mots fusent : loi, devoir, droit, respect, autorité, vie, mort, responsabilité…
Ils bataillent, ils ferraillent.
Duel de phrases, combat de personnalités, lutte pour une conception de la vie, les deux comédiens s’affrontent avec force, conviction et brio.
Aujourd’hui comme hier, Antigone reste d’abord et avant tout un grand moment de théâtre.
Quand on y ajoute le talent des interprètes et le travail de toute une troupe, cette saine piqûre de rappel sur la liberté, son droit, son respect, ses abus et ses dérives devient une double nécessité.

Muriel Hublet
Spectacle vu le 27-10-2012
Théâtre Royal des Galeries
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Présentation du spectacle :
Résumé :
Antigonetitre>Écrite en 1942, "Antigone" est en résonance de la tragédie qui se jouait à l’époque. Aujourd’hui où les idéologies perdent leur âme aux quatre coins du monde mais où certains résistent, elle retrouve une incroyable actualité. À l’image de notre société, la pièce est ambigüe, Créon est sans illusion sur la politique mais il fait son devoir. Antigone se dresse contre le roi par nécessité, pour gueuler un désespoir, un vide intérieur. Elle défend les lois tacites du devoir moral. Son exemple et son courage, pour désespérés qu’ils soient, sont éternels.
L'affiche :
de Jean Anouilh
Avec:
Antigone : Wendy Piette
Créon : Bernard Sens
Le chœur : Benoît Verhaert
Hémon : Nicolas d’Oultremont
Ismène : Manon Hanseeuw
La nourrice : Louise Rocco
Le garde : Toni d’Antonio
Le garde 2 : Kevin Ecobecq
Le garde 3 : Gilles Poncelet
Mise en scène : Fabrice Gardin

Les prochaines représentations :

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