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Un fil à la patte
Un fil à la patteEntre une cocotte et une jeune de bonne famille solidement dotée, qui hésiterait ?
Certainement pas le joliment lâche Bois-d’Enghien qui se laisse tenter par les riches liens du mariage, mais n’a pas le courage d’affronter les justes colères de sa maîtresse en titre.

Comme de juste chez Feydeau, cette lâcheté va provoquer les pires quiproquos et un déluge de situations des plus rocambolesques.
Délicieusement désuet et si réaliste dans le traitement de notre rapport à l’argent, Un fil à la patte garde toute sa modernité.

Pour adapter ce Tournez manège virevoltant, ce carrousel de cris, de fureurs et de malentendus, Dimitri Shumelinsky a conçu une scénographie tournante qui permet de voyager en un instant d’un lieu à l’autre.
Derrière cette superbe idée, nous déplorerons peut-être l’étroitesse du plateau qui paraît bien étriqué pour les douze comédiens, mais qui paradoxalement amplifie la confusion ambiante.
La mise en scène de Michel Kacenelenbogen reste respectueuse du texte et du rythme de Feydeau tout en y distillant de-ci de-là un zeste de folie visuelle supplémentaire.

Si la fougue de la fofolle Lucette (Isabelle Defossé) et les lâchetés de Bois-d’Enghien (Fred Nyssen) séduisent largement, on apprécie tout autant le détail apporté par Michel Kacenelenbogen au choix des acteurs.Un fil à la patte
Ainsi, Guy Pion devient un génial et inénarrable Bouzin, ce clerc de notaire, mauvais rimeur et souffre-douleur ; Olivier Massart adopte l’accent sud-américain d’un général d’opérette tout droit sorti de la plume d’Hergé,  Thierry Janssen empeste tout le monde avec son haleine putride et François Sikivie est un ex envahissant et cupide.
Plus discrets, mais non moins méritants, Muriel Coquet, Christel Cornil, Béatrix Ferauge, Sandrine Laroche, Real Siellez et Benoît Strulus complètent la distribution.


Ne vous laissez pas entraver par le fil à la patte du travail ou d’un agenda surchargé.
Courrez voir ce vaudeville rythmé, cette satire d’une bourgeoisie délicieusement immorale où l’adultère n’est freiné que par les très fragiles limites de la bienséance.
Ne ratez pas ce nouveau rendez-vous avec Feydeau et passez deux heures pétillantes et délirantes.

Spectacle vu le 28-05-2011
Lieu : Théâtre Le Public - Voûtes

Une critique signée Muriel Hublet

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