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Vous vous trompez
Vous vous trompez Avec Vous vous trompez, Lorette Goosse s’engouffre dans nos préjugés, aprioris et autres idées toutes faites.
Black and White, son précédent solo, par sa thématique sur le veuvage, se présentait d’une manière plus linéaire, son nouveau show, plus déjanté ratisse très largement dans notre quotidien et égrène ainsi un beau chapelet de vérités bonnes à taire et de mensonges bons à dire.
Pendant près de deux heures, elle va donc chambouler énergiquement nos apparences confortables et épingler toute une série de nos petits (et grands) travers.
Si le premier sketch, jouant sur une sorte de dédoublement de la personnalité, laisse un peu perplexe, pas de panique, la suite du spectacle s’avère nettement plus drolatique, décalée et pimentée.
D’une chanson digne d’un refrain national (On veut des sous) aux déboires d’une divorcée en mal d’amour, c’est notre actualité qui est passée à la moulinette de l'humour : la crise financière, la peur de vieillir, la solitude, le besoin d’être aimé.
Qu’elle sorte de ses tongs en imitant Daisy, qu’elle ironise sur les constipés du courage, qu’elle nous guide lors d’une visite particulièrement épicée d’une ruine cathare, qu’elle se transforme en membre de la Ligue des Blondes intelligentes ou qu’elle hurle ses frustrations face aux pieux mensonges dont on farcit la tête des enfants pour qu’une fois devenus grands ceux-ci se retrouvent déçus voire dégoutés par la réalité, Lorette Goosse propose un one-woman-show dynamique, complice, généreux et décapant.
Dans la mise en scène d'Évelyne Rambeaux, elle se révèle une artiste complète.
Pour interpréter les textes écrits sur mesure pour elle par une douzaine d’auteurs belges (Dominique Breda, Patrick Chaboud, Bernard Cogniaux, Christian Dalimier, Lorette Goosse, Jean Louis Leclercq, Marie Paule Kumps, Layla Nabulsi, Evelyne Rambeaux, Véronique Stas, Bernard Tirtiaux), l’humoriste chante, danse, mime, parodie et insuffle à Vous vous trompez une énergie et un Vous vous trompez enthousiasme communicatif qui font que le public a bien du mal à voir les spots s’éteindre sur une dernière ovation (bien méritée).

Spectacle vu le 15-08-2010
Lieu : Festival Royal de Spa (Salon Gris)

Une critique signée Muriel Hublet

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