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Au doigt et à l'oeil
Le sol est jonché d’énormes cubes de bois colorés qui révèleront chacun des trésors de surprises.
Ils sont deux, Hélène Gailly et Michelangelo Marchese, tour à tour enfant ou parent.
Ils évoquent les standards de notre éducation reçue, donnée, infligée, subie ou perçue.
Tout résonnera donc différemment dans l’esprit de chacun que l’on soit parent ou enfant ou les deux à la fois.
Du rire au grincement de dents, il n’y a qu’un pas que nous franchirons tous allégrement à un moment ou un autre de Au doigt et à l’œil.

Le texte fait référence à des noms connus, mais surtout à une observation pointue de l’enfance.
Tiens-toi droit.
Ne mets pas tes coudes sur la table.
Mange ta soupe.
On ne parle pas la bouche pleine.Au doigt et à l’œil
Autant de petites phrases toutes faites entendues et répétées à foison depuis l’aube de l’éducation parentale.
Autant de leitmotive obligatoires, remarques incontournables qui hantent les nuits des chérubins depuis au moins … Mathusalem.

La mise en scène de Guy Theunissen fait appel aux techniques les plus diverses : danse, mime, musique, théâtre, parodie et télévision.
Le côté danse et musique est parfois un peu longuet, mais ne nuit pas à un ensemble qui reste interpellant et original.

De l’humour à l’émotion, Hélène Gailly et Michelangelo Marchese soufflent le chaud et le froid (au propre comme au figuré) pour mieux nous faire percevoir que nos comportements parentaux ne sont pas toujours très rationnels et sont parfois bien loin d’atteindre les buts visés.
Les bonnes intentions sont louables, mais elles sont parfois pénalisantes et castratrices plutôt qu’éducatives et bénéfiques.
Ils jouent donc les enfants pour mieux démontrer que les mots sont souvent très mal perçus, que le pragmatique réalisme parental coupe souvent les ailes des petits oisillons imaginatifs.

Dans ces petits sketches transparaissent la douceur, la tendresse et la fragilité de l’enfance.
Pour une fois, c’est les parents qui écoutent Au doigt et à l’œil, un texte à entendre avec le cœur.
Une des dernières phrases est d’ailleurs à graver en lettres d’or …
L’amour est la seule trace qu’on laisse derrière soit.

Spectacle vu le 06-03-2007
Lieu : Théâtre Le Public - Voûtes

Une critique signée Muriel Hublet

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