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Si c'est chanté, c'est pas perdu
Si c'est chanté c'est pas perduNous avons tous dans l’oreille, les mots d’une chanson, un refrain.
« Si c'est chanté, c'est pas perdu », égrène pour nous l’histoire, pas celle avec un grand H, pas celle des manuels scolaires, mais notre mémoire collective.
Par la chanson, par des textes profondément humains, poignants, tendres ou douloureux, ce spectacle nous fait vivre les détresses d’hier, les révolutions de jadis, l’horreur des guerres passées.  Pour qui sait, que notre demain soit autre.
De tout temps, les hommes ont chanté leur engagement, leur désespoir à l’idée de partir à la guerre, leur déchirement devant l’horreur de la mort, leur résistance devant l’ennemi ou devant la torture et la dictature.
Ce sont ces mots, ces poésies qui nous sont proposées.
Paroles vibrantes, rageuses, ironiques, poignantes, gorgées d’émotion retenue ou de rage sous-jacente. 
Mélodie douce, véritable chant d’amour, refrain lancinant de révolte, valse primesautière ou fado mélancolique. 
Le tout s’entrecoupe de textes lus par Guy Pion, il nous situe l’époque, nous traduit certaines chansons.
Mais par de là les mots et la musique, c’est une parenthèse magique, un moment d’intimité qui vous attrape  par le bout du cœur, vous étreint et vous empoigne.
Ils sont trois sur une scène vidée de tout décor, avec pour toile de fond une colombe blanche blessée d’une balle en plein cœur.
Dans toutes les langues, ils vont nous mener de la Révolution des Œillets au Portugal aux camps de concentration nazis, de la fronde des Canuts de Lyon au Déserteur de Vian.
Avec des mots justes, des termes forts ou violents, des métaphores ironiques, ils transmettent un message du passé qui résonne comme une sinistre actualité.
Accompagnés par six musiciens dirigés par Pascal Carpentier  (auteur de tous les arrangements), avec fougue, avec rage, les larmes aux yeux ou avec le sourire, Delphine Gardin, Roberto Cordova et Guy Pion nous emportent, nous transportent.
Ils mêlent leurs voix chaudes et suaves pour  nous rappeler que la dignité humaine, la liberté ne sont hélas pas des droits acquis, contrairement à ce que l’on croit, mais que trop souvent hélas, ils surgissent de la lutte, de la révolte et des combats.
Ode à la paix, ode à l’amour, ode à la fraternité … Ode à la vie tout simplement, voilà « Si c'est chanté, c'est pas perdu ».

Spectacle vu le 22-09-2006
Lieu : L'Ancre

Une critique signée Muriel Hublet

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