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Oedipe tyran
Oedipe tyran   Récit universel par excellence, nous connaissons tous (peu ou prou) Œdipe, le mythe, la tragédie grecque, le meurtrier de son père, l’époux de sa mère…
Inutile, je pense, de vous le résumer en détail.
La version proposée par la troupe Théâtre en Liberté explore le texte de Sophocle sous l’angle humain, profondément humain.
Œdipe est un combattant depuis l’enfance.
Il s’est battu contre le destin en fuyant Corinthe et ses parents, pour échapper à la prédiction de la Pythie de Delphes qui était qu’il tuerait son père et épouserait sa mère.
Devenu Roi de Thèbes, après avoir affronté le Sphinx, en résolvant la fameuse énigme « Quel être, pourvu d’une seule voix, a d’abord quatre jambes, puis deux jambes, et finalement trois jambes », il est prêt à tout pour soulager la détresse de son peuple, victime de la peste.
Volontaire et courageux, il va, tel un détective, fouiller le passé pour découvrir l’assassin de son prédécesseur sur le trône de la ville (et dans le lit de la Reine Jocaste).
Une quête fatale et funeste qui lui révélera des faits qu’il aurait probablement voulu toujours ignorer et qui auront sur son avenir des conséquences dramatiques.

En optant pour l’adaptation française de Bernard Chartreux, Daniel Scahaise offre aux puristes et aux hellénistes le plaisir d’une traduction au plus près du texte original, mais sans aucune simplification.Oedipe tyran
Il faut dès lors avouer que, par instants, cela ne facilite guère la parfaite compréhension de certains passages.
Sont principalement concernés les discours du chœur (la population thébaine) ce qui n’empêche donc en rien de suivre l’évolution de l’intrigue ou de saisir toute la complexité douloureuse d’Œdipe et sa funeste destinée.

Si le spectacle débute par un tableau fort et de toute beauté (la vision des cadavres emportés par les survivants), si l’on apprécie la force convaincante du Tirésias de Bernard Marbaix ou la noble élégance du Créon de Stéphane Ledune, on déplorera l’exagération voulue (et donc la pénible audibilité) du serviteur (Bernard Gahide), venu raconter le suicide de Jocaste.
La fougue et le talent de Christophe Destexhe (Œdipe), qui de bout en bout, porte littéralement le spectacle compensent allégrement ces quelques bémols et proposent une nouvelle orientation à ce drame antique.
Celle d’un homme qui avait tout, un être profondément humain, tenaillé par un insatiable besoin de vérité.
Même détruit, ravagé par la cruauté des révélations, il gardera force et grandeur d’âme. Impressionnant !

Spectacle vu le 18-09-2015
Lieu : Théâtre des Martyrs - Atelier

Une critique signée Muriel Hublet

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