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Rencontre avec Hamadi et Soufian El Boubsi
Les Barbares
Les BarbaresAprès Papa est en voyage (Meilleur seul en scène aux Prix de la critique, et en 2009) et Sans ailes et sans racines (Coup de cœur de la presse Avignon 2009), le conteur, comédien, auteur et metteur en scène Hamadi et son fils collaborent à nouveau.
Hamadi, à l’écriture et à la mise en scène, concrétise une idée qui le poursuit depuis plusieurs années.
Les Barbares, seul en scène, interprété par Soufian El Boubsi, racontent l’épopée d’un homme qui va quitter femme, enfant et sa terre de misère pour gagner l’Eldorado, pour y revendiquer le droit au progrès et au bien-être et avoir une vie meilleure.

À quelques jours de la première, au Wolubilis, le 26 janvier, les deux hommes ont accepté de nous parler de leur création commune.
Ce texte qui explore à nouveau les facettes de l’immigration n’est aucunement biographique, même s’il s’inspire du récit de certains clandestins qui ont vécu leur rêve, entassés dans les barques des négriers modernes, terrés dans l’ombre de taudis, et tremblant à la moindre ombre policière.

Pourquoi entreprendre un tel voyage ?
Qu’est-ce qui peut bien pousser quelqu’un a tout quitter ?
À cette question, le père et le fils répondent que les inégalités Nord-Sud deviennent intolérables, inacceptables et jettent sur les chemins de l’espoir (et de l’exil) des hommes et des femmes  pour qui le droit à travailler, à posséder un frigo ou une télévision sont devenus primordiaux.

À force de voir des films et autres émissions parlant de luxe et de richesses, à force de vivre dans la misère (par rapport à ces images chatoyantes ou aux récits magnifiés qu’on leur fait), ils se lancent à l’assaut de la forteresse que représente pour eux la vieille Europe (ou le riche Oncle Sam sur un autre continent).
Les poings serrés, la rage au cœur, ils  sont prêt à tout pour leur bout de rêve.

Hamadi veut au travers d’un homme, du récit d’une vie, battre en brèche l’anonymat qui entoure ces immigrés, trop souvent considérés comme des statistiques, des ombres appuyées sur les murs du Petit Château, des mains qui se tendent derrière les grilles de Steenokkerzeel.
Chacun de ces visages, chacun de ces cœurs cache une histoire.
Une fois qu’ils sont perçus comme des êtres humains et plus comme des envahisseurs anonymes, les rejeter à la mer, les renvoyer en charter devient plus compliqué.

Avec Les Barbares, les deux hommes n’espèrent pas apporter une réponse et encore moins une solution à la problématique de l’immigration « économique ». 
Ils veulent simplement montrer un de ces étrangers, un de ces barbares, un envahisseur, un immigré.
Peut-être ainsi, espèrent-ils, nous commencerons enfin à étudier le problème dans sa globalité, sans nous contenter de mettre des hommes en armes aux frontières, de nous borner à un repli frileux.

L’Histoire est marquée par les migrations de population.
Demain, qui sait, nous serons, nous aussi des immigrés et comment serons-nous accueillis ?
Comme des barbares ?

Ne ratez donc pas ce qui s’annonce, au vu des extraits qui nous ont été présentés, comme un nouveau spectacle coup de poing, interpellant et humain.

Muriel Hublet

Les prochaines représentations :



Tous les détails :
Résumé :
Les Barbares C’est l’histoire d’un homme terrassé par les difficultés de la vie dans une terre de misère. Il est pourtant debout, répondant coup pour coup au mauvais sort qui s’acharne sur lui depuis l’enfance. Une sorte de vie en suspens, comme dans un rêve éveillé.
Lorsque quelques beaux signes se révèlent dans sa vie (un amour, la naissance d’un enfant, l’espérance qui revient,…), cet homme, sans crier gare et sans prévenir personne, tourne le dos à ce qu’il a été et décide de tenter la grande traversée vers l’Eldorado.

Mais cet homme n’est pas un mendiant. Ni un gentil (qui viendrait faire partie de l’immigration choisie). Non, c’est un homme avec tous les travers de celui qui a dû se forger face à l’adversité : violent, irascible, malhonnête parfois qui vient exiger ce qu’il pense lui revenir de droit : le bien-être, le progrès, une vie meilleure… Et ce qui ne lui est pas donné, il le prendra. Et ce que les autres ne veulent pas entendre, il le dira !

Un spectacle fort sur les exils forcés d’aujourd’hui, sur les hommes et les femmes que le désir de pain et de liberté poussent vers le Nord magnétique (l’Occident repu). Une histoire d’homme singulière et interpellante, tant ce personnage ne correspond pas au misérabilisme qui accompagne habituellement ces questions.

Un spectacle sur ceux qui brûlent leur passé pour s’inventer une nouvelle vie. Sur ceux que ni mirador, ni mer démontée, ni barrière naturelle dite infranchissable n’arrêtent. Au fond, la question sous-jacente à cette histoire, la voici : A quoi sert l’Autre, l’Etranger, le Barbare dans nos vies ? Et comment le rencontrer en toute égalité ?
L'affiche :
texte et mise en scène : Hamadi
interprétation : Soufian El Boubsi
Mais encore :
Rencontre avec Hamadi et Soufian El Boubsi
À quelques jours de la première, au Wolubilis, le 26 janvier, les deux hommes ont accepté de nous parler de leur création commune. Ce texte qui explore à nouveau les facettes de l’immigration n’est aucunement biographique, même s’il s’inspire du récit de certains clandestins qui ont vécu leur rêve, entassés dans les barques des négriers modernes, terrés dans l’ombre de taudis, et tremblant à la moindre ombre policière.

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durée du spectacle : 1h15


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